Burn-out reconnu maladie professionnelle | 79 692 € d’indemnisation obtenus

par | Sep 11, 2026

Fonction publique • Procédure

Burn-out reconnu maladie professionnelle : 79 692 € d’indemnisation obtenus pour une infirmière scolaire, dont 70 000 € versés avant le jugement (TA VERSAILLES, 8 janvier 2026)

Par un jugement du 8 janvier 2026 (n° 2301730), le Tribunal Administratif de VERSAILLES a fixé à 79.692 euros l’indemnisation des préjudices d’une infirmière scolaire atteinte d’un syndrome d’épuisement professionnel reconnu imputable au service.

Notre cliente avait déjà perçu 70.000 euros au titre de deux provisions obtenues en référé, avant même que le tribunal ne statue au fond.

Cette décision illustre deux points essentiels de la stratégie du cabinet en matière d’indemnisation en fonction publique.

Le burn-out ouvre droit à une réparation substantielle, et l’agent n’a pas à attendre des années pour percevoir l’essentiel de son indemnisation.

Les faits : un burn-out reconnu maladie professionnelle hors tableau

Notre cliente, infirmière scolaire en lycée, a déclaré un syndrome d’épuisement professionnel.

Le rectorat a reconnu l’imputabilité au service de sa maladie.

La commission de réforme a ensuite fixé son taux d’incapacité permanente partielle à 30 %.

Ce premier acquis est déjà notable.

Le burn-out ne figure dans aucun tableau de maladies professionnelles.

Sa reconnaissance suppose donc de démontrer un lien direct et essentiel avec l’exercice des fonctions, ainsi qu’un taux d’incapacité permanente d’au moins 25 %.

Nous détaillons cette procédure dans notre page consacrée au burn-out et à la maladie professionnelle hors tableau.

La reconnaissance de l’imputabilité n’épuise pourtant pas les droits de l’agent.

Le régime statutaire ne répare que forfaitairement l’atteinte à l’intégrité physique.

Les souffrances endurées et le déficit fonctionnel appellent une indemnisation complémentaire.

Une demande indemnitaire préalable a donc été adressée au rectorat, restée sans réponse, puis le Tribunal Administratif a été saisi.

La stratégie du cabinet : expertise, puis deux provisions successives

Avant toute chose, nous avons obtenu du juge des référés la désignation d’un expert chargé d’évaluer l’ensemble des préjudices de notre cliente.

Ce référé-expertise est le socle de toute la procédure.

Sans rapport médical détaillé, aucun chiffrage sérieux n’est possible.

Nous avons ensuite demandé une première provision, sans attendre le dépôt du rapport.

Le juge des référés a condamné l’État à verser 20.000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent.

Le rapport d’expertise a été déposé quelques semaines plus tard.

Nous avons alors formé une seconde demande de provision, fondée cette fois sur le rapport.

Le juge des référés a condamné l’État à verser une provision supplémentaire de 50.000 euros.

Notre cliente avait ainsi perçu 70.000 euros avant même l’audience au fond.

C’est l’un des enseignements les plus utiles de ce dossier.

Une première provision n’interdit pas d’en demander une seconde, plus élevée, une fois le rapport d’expertise déposé.

Notre page consacrée au référé-provision présente le mécanisme en détail.

L’indemnisation retenue par le Tribunal Administratif, poste par poste

Le Tribunal Administratif a évalué les préjudices de notre cliente à 79.692 euros au total.

Le déficit fonctionnel temporaire a été indemnisé à hauteur de 13 692 euros, sur la base d’un taux de 50 % pendant 1.572 jours puis de 40 % pendant 317 jours.

Les souffrances endurées, évaluées à 4 sur une échelle de 7, ont été indemnisées 8.000 euros.

Le déficit fonctionnel permanent, correspondant au taux de 30 %, a été indemnisé 58.000 euros.

Les 70.000 euros déjà versés au titre des provisions ont été déduits de ce total.

L’État a donc été condamné à verser le solde de 9.692 euros.

Le tribunal a en outre mis les frais d’expertise à la charge définitive de l’État et alloué 1.000 euros au titre des frais de procédure.

Le déficit fonctionnel permanent représente ici près des trois quarts de l’indemnisation.

C’est une constante dans ce contentieux.

La discussion du taux d’incapacité et du barème applicable est donc déterminante pour le montant final.

Deux enseignements pour les agents publics

Le premier tient à la reconnaissance du burn-out.

Une pathologie psychique reconnue imputable au service donne droit à la même réparation complémentaire qu’un accident physique.

Le tribunal rappelle ici que l’indemnisation n’implique aucune nouvelle appréciation du lien entre la maladie et le service.

Seuls le caractère certain des préjudices et leur lien direct avec la maladie restent à établir.

Le second tient au calendrier.

Le recours au fond a duré près de trois ans.

Grâce aux deux provisions, notre cliente a perçu 88 % de son indemnisation bien avant le jugement.

Attendre passivement l’audience au fond revient à se priver de cette avance.

FAQ — Indemnisation d’un burn-out en fonction publique

Un burn-out peut-il être reconnu maladie professionnelle ?

Oui, au titre des maladies hors tableau.

Il faut établir un lien direct et essentiel avec l’exercice des fonctions et justifier d’un taux d’incapacité permanente d’au moins 25 %.

Quels préjudices sont indemnisables ?

Le déficit fonctionnel temporaire, les souffrances endurées et le déficit fonctionnel permanent, notamment.

Notre page sur l’indemnisation des préjudices en dresse la liste complète.

 

 

Peut-on demander plusieurs provisions dans le même dossier ?

Oui.

Dans ce dossier, une première provision a été obtenue avant le dépôt du rapport d’expertise, puis une provision supplémentaire une fois le rapport déposé.

Les provisions sont-elles déduites de l'indemnisation finale ?

Oui, elles s’imputent sur le montant fixé par le jugement.

L’agent perçoit donc le solde, sans perdre le bénéfice des sommes déjà versées.

Qui supporte les frais d'expertise ?

Ils sont mis à la charge définitive de l’administration par le jugement, comme dans ce dossier.

Combien de temps dure la procédure ?

Il faut compter environ deux ans pour le recours indemnitaire au fond.

Les provisions permettent de percevoir l’essentiel de l’indemnisation bien avant le jugement.

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